lundi, septembre 16

Les obstacles qui freinent la croissance de l’Empire du milieu

La Chine a dévoilé ses chiffres de la croissance pour le deuxième trimestre 2024, au moment où les responsables chinois tiendront une importante réunion politique, qui devrait faire de la reprise économique une priorité.

Voici les principales difficultés auxquelles se heurte la seconde puissance économique mondiale :

  • un taux de chômage élevé chez les jeunes (14,2% en mai) et les incertitudes liées à la conjoncture fragilisent la consommation, un des moteurs de l’économie chinoise.
  • la Chine a plongé durant quatre mois en déflation, avec en janvier la plus forte contraction des prix à la consommation depuis 14 ans.
  • les prix sont depuis repassées dans le vert mais n’augmentent que faiblement (+0,2% sur un an en juin).
  • une stagnation ou un repli des prix ne sont pas signe de bonne santé pour l’économie, car cela contraint les entreprises à faire des ristournes pour écouler leurs stocks ou à réduire leur production faute de demande, ce qui pèse sur leur rentabilité et leur propension à embaucher.

Le secteur immobilier est en crise

L’immobilier a connu deux décennies de croissance fulgurante avec la hausse du niveau de vie de la population. Il a longtemps représenté au sens large plus du quart du PIB de la Chine. Mais le secteur est désormais sous pression depuis que le gouvernement a durci en 2020 les conditions d’accès au crédit des groupes immobiliers, afin de réduire leur endettement.

Cependant, de nombreuses sociétés immobilières sont aujourd’hui au bord de la faillite. Ce contexte n’incite guère les Chinois à acheter un bien immobilier, d’autant qu’un bien en Chine est souvent payé avant même sa construction.

De plus, la chute des prix du mètre carré est également un coup dur pour le portefeuille des propriétaires, qui ont longtemps perçu l’immobilier comme un investissement sûr.

Des collectivités endettées

Les finances de certaines collectivités locales sont tendues, après trois années d’importantes dépenses pour lutter contre le Covid-19, et notamment la crise immobilière qui les prive d’une importante source de revenus fonciers.

« Le contexte économique exacerbe leurs difficultés », ont indiqué les analystes de SinoInsider, un cabinet américain spécialisé sur la Chine. D’ailleurs, des entreprises ont reçu des arriérés d’impôts remontant aux années 90.

Les gouvernements locaux « tentent par tous les moyens » d’augmenter leurs recettes, et ce au risque de fragiliser des entreprises déjà éprouvées par la conjoncture, souligne SinoInsider.

Un commerce sous pression

Les exportations de la Chine sont également un sujet de préoccupation pour les dirigeants chinois. Elles sont historiquement un important levier de croissance pour la Chine, et ont un impact direct sur l’emploi pour des milliers d’entreprises.

Mais le secteur fait face à des tensions géopolitiques entre la Chine et les Etats-Unis, ainsi que celles avec l’Union européenne (UE), un partenaire commercial incontournable pour le géant asiatique.

Début juillet, l’UE a ainsi imposé jusqu’à 38% de droits de douane supplémentaires sur les importations de voitures électriques chinoises. Cette décision pourrait devenir définitive en novembre, si Bruxelles et Pékin ne s’entendent pas. D’autant que l’UE accuse la Chine d’avoir illégalement favorisé ses constructeurs à coups de subventions.

L’électrique est un secteur-clé sur lequel la Chine souhaite capitaliser pour redynamiser son économie.

Faiblesse des investissements

La conjoncture économique en Chine et les tensions géopolitiques avec Washington pèsent sur les chaînes d’approvisionnement et sont un frein aux investissements étrangers.

L’économie chinoise a du potentiel, « les portes de la Chine sont grandes ouvertes » et les investissements privés sont les bienvenus, assurent les dirigeants chinois. Sur la période janvier-mai, les investissements étrangers ont néanmoins chuté de 28% sur un an, selon les chiffres du ministère du Commerce.

Une pression financière

Face à la conjoncture, le secteur financier peine à investir dans les secteurs traditionnels de croissance, ce qui alimente une « pénurie d’actifs« , a noté le cabinet SinoInsider. Toutefois, le secteur achète en revanche de plus en plus d’obligations d’Etat à long terme « sans risque« , ce qui fait baisser les rendements. Ce contexte contribue à déprécier le Renminbi, monnaie chinoise, avec le risque d’accélérer la fuite de capitaux, a averti SinoInsider.

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